Sujet BAC séries S-ES français 2013 dissertation

Le romancier doit-il nécessairement faire de ses personnages des êtres extraordinaires ?

Corrigé BAC séries S-ES français 2013 – dissertation

Attention: Ici le terme « romancier » impliquait forcément de piocher des exemples  parmi les personnages  de roman  uniquement. Les fonctions du roman n’étaient pas non plus à négliger complètement.

Introduction

  • Vous pouviez partir de l’évolution des fonctions du personnage : modèle au MA, épaisseur psychologique au XVIIe, fonction sociologique au XIXe, anti-héros au XXe…
  • Faire le lien avec la citation  » Le romancier doit-il nécessairement faire de ses personnages des êtres extraordinaires ? »
  •  En déduire la problématique possible : Quelles sont les fonctions du personnage ?
  • Le plan rédigé : Dans un premier temps, nous verrons que le personnage doit être extraordinaire, puis dans une deuxième partie, nous expliquerons pourquoi il vaut mieux qu’il soit banal. Enfin, nous démontrerons que le personnage est avant tout un outil au service du romancier.

Développement

       I. Le personnage : un être extraordinaire.

Son but : accrocher le lecteur.

                   A/ Distraire, faire partie de l’action.

Les personnages extraordinaires de par leurs qualités de déduction tels que Sherlock Holmes ou Rouletabille de La Chambre Jaune fascinent le lecteur et l’emporte dans un tourbillon d’actions.

                   B/ Permettre au lecteur de s’évader, de voyager, de rêver.

Qui n’a jamais imaginé être Robinson Crusoé de Defoe et atterrir sur une île déserte, ou encore vivre les péripéties et avoir les pouvoirs magiques d’Harry Potter.

                   C/ Etre un modèle, ou un anti-modèle.

Au Moyen Age, le personnage du chevalier est représentatif d’un modèle à suivre. Il possède donc des qualités extraordinaires de courage, de bravoure… Les récits épiques de combats et d’exploits telle que La Chanson de Roland montraient ces modèles à suivre. (+ Figures importantes : Arthur, Lancelot…)

Parallèlement, des personnages comme la Merteuil des Liaisons Dangereuses de Laclos ou encore Folcoche de Vipère au poing de Bazin suscitent le rejet du lecteur de par leur exceptionnelle cruauté  et leur dédain de l’autre. 

       II. Le personnage : un être banal.

Le côté extraordinaire du personnage peut poser quelques limites.

                   A/ Le personnage peut-être un anti-héros et en ça ne pas présenter de                                      caractéristiques exceptionnelles.

Le personnage de Jean Dézert de Jean de La Ville de Mirmont passe sa vie à attendre la fin de son travail, la fin de sa journée, la fin de sa vie. Sans être extraordinaire, il est un personnage à part entière et caractéristique de l’anti-héros.

                   B/ Le problème de l’identification.

Un lecteur réussira davantage à s’identifier à un personnage tel Poil de Carotte qu’aux géants de Rabelais dont le « gigantisme » exceptionnel crée une distanciation avec le lecteur.

Nous pouvons également être le personnage de La Vie mode d’emploi de Pérec qui se promène dans les bibliothèques, les foires, mange des cornets de frites et va au cinéma. Comme nous, il est banal.

                   C/ Le souci de la vraisemblance et de la réalité.

Le souci de vraisemblance imposé par les règles du Classicisme au XVIIe siècle justifiait les actions des personnages. Ainsi, la Princesse de Clèves restera fidèle à son mari et ce même après sa mort.

Par ailleurs, un personnage ayant des qualités extraordinaires ne « colle » pas avec la réalité du lecteur.

       III. Le personnage : un outil avant tout.

Le personnage est d’abord un outil. Il dépend de l’objectif du romancier.

                   A/ Personnage et personne.

Lorsque le romancier décide qu’un de ses personnages soit être calqué sur une personne réelle, la dimension extraordinaire n’est plus prise en compte.

Autobiographie : Les Confessions de J-J Rousseau

Mémoires : Mémoires d’Outre-Tombe de Chateaubriand

Personnage historique : Adolf Hitler dans La Part de l’Autre de Schmitt

                   B/ Selon son but,  le romancier décidera de donner ou non une dimension                                     extraordinaire à son personnage.

Ainsi, il peut choisir la fonction représentative du personnage : exemple, la fonction sociologique : Gervaise, l’ouvrière et la courageuse (L’Assommoir de Zola), le Père Goriot, le pensionnaire et l’emblème de la paternité (Balzac) et donner à son personnage banal une dimension extraordinaire.

                   C/ Enfin, une des premières fonctions du personnage est une fonction narrative.

Le personnage peut être narrateur, adjuvant tel que Sancho Panza compagnon de Don Quichotte, ou encore catalyseur telle que Madeleine Forestier dans Bel-Ami de Maupassant.

Le côté extraordinaire du personnage (sa personnalité, ses actions…) est donc dépendante du choix du romancier.

Conclusion

  • Bilan des idées trouvées.

+ Le personnage peut ou non être un personnage extraordinaire, tout dépend du romancier, de ses objectifs et de l’utilisation qu’il souhaite faire du personnage.

  • Ouverture : se poser la question de la fonction du personnage et de sa nécessité d’être extraordinaire au théâtre.

 

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