Sujet BAC série ES philosophie 2014 – sujet 2 dissertation

 

Pourquoi chercher à se connaître soi-même ?

 

Corrigé BAC série ES philosophie 2014 – sujet 2 dissertation

 

Question étrange si on considère que rien n’est plus proche et évident pour nous- même que nous-même. Or l’actualité nous invite à nous poser cette question redevenue pressente. Que ce soit le mariage pour tous, l’identité supra nationale , le nouveau statut juridique de animaux, etc., tout nous invite à repenser notre identité et plus profondément encore à se demander pourquoi nous avons à le faire.

 

I) Propre de l’homme est la conscience de soi
   
  • Conscience immédiate (sensation) est à distinguer de la conscience réflexive. Or se connaître soi-même (à noter la forme pronominale de l’expression) est bien la marque de cette réflexivité et de cette spécificité humaine (ex enfant sauvage tel Victor de l’Aveyron). Être homme c’est se reconnaître dans un monde construit à son image. Cf Hegel : « Les choses naturelles ne sont qu’immédiatement et pour ainsi dire en un seul exemplaire, mais l’homme, en tant qu’esprit, se redouble, car d’abord il est au même titre que les choses naturelles sont, mais ensuite, et tout aussi bien, il est pour soi, se contemple, se représente lui-même, pense et n’est esprit que par cet être-pour-soi actif. .. »
     
  • Ainsi se connaître soi-même suppose une médiation par le monde extérieur et s’impose à tout homme. Toute connaissance est liée au désir de connaissance de soi. Par exemple lorsque Pascal décrit la condition misérable de l’homme (le roseau pensant) il tire les conséquences pour l’homme des découvertes de l’espace infini découvert par la science astronomique.
     
  • En conséquence le « soi-même » dont il est question ici est à distinguer de moi-même. Si  l’homme doit chercher à se connaître soi-même c’est parce que l’humanité en nous, ce qu’il y a d’universel dans notre condition, le sens de l’existence, n’est ni donné immédiatement, ni définitivement découvert.
 
Transition : Mais le risque n’est-il pas d’aboutir à la connaissance d’une abstraction ?
   
II) Se connaître soi-même c’est la manière pour l’homme d’exercer sa liberté
 
  • Se connaître soi-même suppose d’entrer profondément en soi. Autrement dit de dépasser la superficialité du moi social, mondain (cf Heidegger sur la dictature du « on »), mais aussi de dépasser les limites du moi conscient (cf Freud ou Nietzsche par rapport à l’inconscient). Sans cet effort nous ne pourrions y avoir accès.
     
  • Plus largement : connaissance de soi doit être cherchée parce que nous relevont de causalités, de déterminismes qui nous échappent (cf Spinoza : « Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leurs appétits et ignorent les causes qui les déterminent »). D’où l’importance des sciences humaines (histoire, sociologie, psychologie, etc) mais aussi génétique, biologie, chimie. Le but est dès lors la liberté entendue comme faculté de choix et d’émancipation par rapport aux déterminisme (cf sociologue Bourdieu), soit comme connaissance et acceptation des nécessités de la raison à l’œuvre dans toute chose (cf Spinoza : « J’appelle libre, quant à moi, une chose qui est et agit par la seule nécessité de sa nature ; contrainte, celle qui est déterminée par une autre à exister et à agir d’une certaine façon déterminée », ou matérialisme, stoïcisme)
     
  • Mais si liberté = expression d’une singularité à l’œuvre (cf Plotin : « ne cesse de sculpter ta propre statue ») alors à quoi bon chercher à se connaître soi-même ? Autrement dit la connaissance rationnelle n’est-elle pas au contraire un obstacle à l’expression de soi (cf Bergson qui oppose le moi superficiel, pragmatique et rationnel au moi profond)
  
III) De l’urgence de la connaissance de soi
 
  • La distance critique nous fait prendre conscience du fait que la connaissance de soi n’est paradoxalement pas donnée mais construite. Il existe ainsi de nombreux obstacles à la connaissance de soi (cf Rousseau : société = ce qui me détourne de moi-même. Il faut donc s’en détourner en se retrouvant dans la nature, la simplicité de l’existence et la solitude). Sur le thème, et la difficulté du retour à la nature on pouvait penser à l’expérience de Thoreau décrite dans Walden dont le film Into the wild est une illustration.
     
  • Société marchande m’impose des désirs et cultive les frustrations au lieu de permettre la rencontre et l’approfondissement de soi. C’est le thème du divertissement (dé-vertere qui signifie se détourner de soi, de la réalité) « Quand je m’y suis mis quelquefois, à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent, dans la cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. »
     
  • Enfin l‘évolution technologique impose de repenser à nouveaux frais l’identité humaine et sa place dans un monde où il peut de moins en moins se reconnaître. (cf Hannah Arendt)

 

Conclusion
 
Chercher à se connaître soi-même s’impose comme une nécessité pour tout homme, quête qui n’est jamais satisfaite et dont l‘évolution de la société semble constituer une conspiration travaillant à son échec.
  

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