Dissertation BAC technologique 2010 Une vie heureuse est-elle une vie de plaisir ?

Introduction :

Une vie heureuse est-elle une vie de plaisir ? Nous nous demanderons comment penser une vision commune du bonheur synonyme de plaisir, nous verrons dans un premier temps comment définir le concept de bonheur en harmonie et en accord avec la pertinence de la thèse hédoniste, ses limites et les fins qui peuvent être celles de notre existence. Nous devons dans ce cas faire un présupposé à savoir que le bonheur soit défini pour tous, selon les genres de vie et aussi que celui est possible, ou encore devons-nous poser la thèse antagoniste selon laquelle le bonheur serait l’aspiration de tout homme mais que chacun a sa définition particulière du bonheur ; Enfin si nous posons l’idée d’un bonheur au sens d’une totale satisfaction que l’homme vise de manière essentielle et primordiale, devons-nous l’envisager comme un simple idéal inaccessible au quotidien pour l’homme ?

Développement :

I. La thèse hédoniste :

Nous pourrions donc dans un premier temps nous fixer un idéal de bonheur qui correspondrait à la définition de la thèse hédoniste, c’est-à-dire, une satisfaction totale de nos désirs et de ce fait une vision de la vie qui serait en accord avec nos désirs et le monde. Il va de soi que cela suppose une exclusion de la souffrance et une morale qui implique le plaisir seul sans contrainte et restriction.  Nous pouvons préciser que cette philosophie des plaisirs se retrouve dans la terminologie psychanalytique sous l’appellation du principe de plaisir selon Freud. On le retrouve déjà dans les premiers dialogues de Platon à travers la pseudo philosophie d’un Calliclès qui dès l’antiquité prône une vie de plaisirs divers en particulier dans le Gorgias, une vie de plaisirs qui serait en accord absolue avec notre nature. L’homme serait ainsi l’acteur de ses passions et les assumerait.

Transition :

Mais le désir n’appelle-t-il pas le désir, cela ne devient-il pas très vite source de frustrations, la recherche du plaisir ne risque-t-elle pas de se transformer en souffrance ?

II. Le plaisir peut être source de malheur

On retrouve cette idée chez Socrate face à Calliclès avec l’idée du tonneau percé ainsi que chez d’autres philosophes de l’antiquité qui conseillent à l’homme de toujours veiller à différencier les désirs, car il est indispensable d’opposer les désirs naturels, nécessaires, primaires des autres que l’on pourrait qualifier de désirs impossibles à réaliser, voire secondaires. Cette position se retrouve dans la philosophie épicurienne ou encore stoïcienne selon laquelle la vie de plaisir ne dépend pas de nous car elle ne s’accorderait pas avec notre nature, d’où la citation très connue de ces penseurs : « il vaut mieux changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ».  Un autre argument tend à montrer que le plaisir peut être à l’origine de malheur, en effet le plaisir est souvent associé au corps et non  à notre âme, par conséquent, l’homme qui se réduit à ne satisfaire que ses plaisirs superflus perd quelque chose de son âme au profit de réjouissances qui ne sont que matérielles et éphémères.

Transition :

Il semblerait donc que la vie de plaisir soit assimilée à une vie de souffrance et reflète l’incomplétude de l’homme incapable de se réaliser vraiment. Comment dans ce cas, comprendre la notion de bonheur, exclut il le plaisir ? Le bonheur vise-t-il d’autres objectifs que les plaisirs provisoires et superficiels ?

III. la vie heureuse suppose d’autres objectifs

Nous pouvons élargir notre réflexion et suggérer que la vie heureuse soit tournée vers la contemplation, on retrouve en effet cette idée chez Platon pour qui vivre signifie apprendre à mourir et à se détacher de la réalité empirique pour s’élever à l’idée en soi des choses. Le monde sensible serait donc à bannir au profit d’une réalité plus intelligible puisque le plaisir de la connaissance qui est un plaisir d’un autre ordre nous tourne vers une pleine connaissance de nous-même et une satisfaction totale. Nous pourrions en outre identifier à la vie heureuse avec le concept de vie vertueuse au sens aristotélicien du terme, celle qui nous rend dignes ou encore, nous pourrions concevoir le bonheur dans l’idée qu’il nécessite l’élévation des désirs ainsi que le suggère l’échelle des beautés de Platon dans le banquet, du sensible à l’intelligible, du plus bas au plus haut si l’on respecte la dialectique.  Elle peut être enfin dans la recherche de la Joie, la satisfaction des désirs qui s’accordent avec notre nature selon Spinoza.

Conclusion :

Nous voyons en conséquence que la vie heureuse ne peut être réduite à une vie purement basée sur les plaisirs car elle deviendrait fatalement synonyme de souffrances diverses, si au contraire nous mettons en évidence l’ataraxie, nous devrions dans ce cas pour ne pas souffrir renoncer à certains plaisirs. Ainsi, l’homme étant un être complexe doté d’un corps et d’une âme, de raison et de désir ne peut ni se contenter de plaisirs ni s’en priver totalement. Nous devons admettre de ce fait que la vie heureuse est une vie mixte faite de plaisirs en accord avec notre nature et d’activités raisonnables par lesquelles l’être humain puisse s’épanouir et s’ouvrir à la contemplation et à l’exercice de l’entendement.

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