La culture : la conception du langage

 

Notion du BAC : La culture/Le langage

 

Introduction

 

Dans le cadre de notre étude sur le langage, nous étudierons le mot tel qu’il était considéré chez les anciens, nous verrons deux points relativement à cette question. En second lieu, nous nous pencherons sur la conception du langage selon Berkeley et son opposition à Locke.

 

La conception des anciens

 

Il y a deux choses à voir dans un mot, nous pouvons en effet le prendre en lui-même et par rapport à un ensemble :

Le mot pris en lui-même : par exemple « blanc », au sens d’un absolu et non d’une couleur particulière. Suivant qu’il est mis au féminin ou au masculin ou au centre, donc selon que l’on adopte une des trois terminaisons possibles, ou encore, au singulier ou au pluriel, la signification du terme est détachée de sa relation aux autres.

Le mot pris dans un ensemble : les anciens cherchaient son être dans son absolu. Il y a plusieurs possibilités. Il y a une forme qui peut être détachée de la signification du mot. Nous avons une double signification du nominatif, le sujet d’un verbe et l’expression du mot envisagé en dehors de sa place dans une phrase. Même si on considère que les mots ont toujours une place dans une phrase. Il y a diverses relations, le mot entre dans plusieurs systèmes. On prend le signifiant lui-même pour objet. Il faut procéder à une recherche de ses constituants et de sa composition qui laisse sa trace phonique sur le composant lui-même. La trace est la forme fléchie. Selon Aristote, on ne peut dire qu’il faille une analyse du langage. On va parler de décomposition, de division, de découpage, mais pas d’analyse. Quand on passe des prémisses aux conséquences, on peut aussi repasser des conséquences aux prémisses, l’analyse est régressive, c’est un sens qui nous renvoie à la démonstration, il faut remonter des conséquences aux principes. La méthode de division suppose que tout processus de décomposition aboutisse à des éléments, il ne faut donc pas l’appeler analyse. Il s’agit de décomposer. Le signifiant est un tout, un ensemble et on va le décomposer, voir de quoi il est fait. On ne peut aller à l’infini, c’est le leitmotiv des anciens. Il en va de même pour les divisions d’un corps chez les atomistes, on aboutit à des éléments indivisibles comme les atomes insécables. De la même façon, Aristote et Platon prennent un tout quant il s’agit d’une proposition, il y a division des propositions en mots, du mot en syllabes et de la syllabe en lettres. Elle est indivisible à son tour. On arrive ainsi à des éléments qui sont des atomes.

 

Berkeley veut enlever le voile, le brouillard des mots. Il considère que les mots et leurs imperfections par Locke en auraient épaissi le brouillard. La conception de la signification s’appuyant sur l’admission d’idées abstraites renforce l’imperfection naturelle du langage et les abus. Il est nécessaire de montrer que ces idées abstraites n’existent pas et qu’elles trouvent leur place dans un concept erroné de la signification.

 

La conception de Berkeley

 

« Il pensait que le seul emploi des mots était de signifier des idées et que la signification immédiate de chaque nom général était une idée abstraite déterminée ». Nous avons une première thèse erronée, le sens immédiat de tout nom général est une idée abstraite déterminée, la seconde thèse erronée est l’usage immédiat des mots qui signifierait des idées. Berkeley nous donne sa conception de la généralité des mots et des idées, le sens immédiat de tout nom général est dans une idée particulière non abstraite qui représente toutes les idées particulières de même sorte. L’universel ou le général d’une idée n’est pas dans un caractère intrinsèque de cette idée mais dans l’usage de cette idée comme symbole. « Une idée particulière devient générale lorsqu’on lui fait représenter toutes les autres idées particulières de même espèce ». Locke fait appel à une détermination des idées abstraites pour constituer le sens des mots généraux, c’est la capacité pour l’idée d ‘en représenter indifféremment un grand nombre d’autres. « Car c’est une chose de garder à un mot la même définition, une autre d’en faire le représentant d’une même idée, l’un est nécessaire, l’autre inutile et irréalisable ». Berkeley reproche à Locke de faire de tous les mots comme des noms propres d’idées abstraites. Pour résoudre l’imperfection du langage, Locke pense que les mots doivent être mis en relation terme à terme avec des entités mentales qui constitueraient leur sens. De là, pour préparer la critique de la notion de matière, Berkeley établit l’immatérialisme militant sur la critique du médium des idées abstraites; La généralité n’est pas obtenue par des entités mentales obtenues par des abstractions en correspondance terme à terme avec des mots. Elle l’est par la considération d’idées particulières dans l’usage général. C’est une sorte de nominalisme qui tente d’expliquer ce qu’est pour un mot avoir un sens sans revoir au médium des idées abstraites. Ainsi l’essentiel de la critique se situe dans l’opposition entre l’illusoire détermination des idées générales supposées obtenues par abstraction et la capacité pour une idée particulière d’en représenter indifféremment un grand nombre d’autres. Pour Locke le sens immédiat de tout nom général est une idée abstraite déterminée, pour Berkeley, le sens immédiat des noms est dans une idée particulière, utilisée comme signe.

 

 

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