La liberté et le mal chez Platon et Aristote  

 

Programme de Terminale : La morale – la liberté 

 

Introduction  

 

Nous allons étudier dans le cadre de notre séquence la morale et la liberté, les notions respectives de liberté et de mal chez Platon et Aristote. Le concept de liberté n’est pas thématisé chez les anciens, la liberté est en effet associée à l’origine d’une perspective finaliste d’un vivant poursuivant sa fin, ce mouvement est le signe de son inachèvement, cela comprend la possibilité de la mauvaise action, et l’identité de l’être et de la pensée comme substance ayant franchi le seuil de la conscience réfléchie. C’est en ce sens que l’entend le penseur aristotélicien, quant à Platon, il se réfère à la justice et prend comme référence, une norme transcendante, le Bien. Nous avons un semblant d’autorité au sens d’Arendt, on entre dans le véritable débat de la liberté car elle trouve son origine dans le débat du politique.

 

Le mal et la liberté chez Aristote

 

La moralité de l’action suppose la liberté de l’action, la liberté est bonne ou mauvaise selon l’action, le monde est celui de la contingence. C’est la théorie de la prudence solidaire d’une cosmologie et d’une ontologie de la prudence. Rien n’échappe au temps. La liberté temporelle, contingente est pleine d’indéterminations qui nous ouvre le champs des possibles. Aristote met en avant la liberté pour le meilleur parmi tous les possibles car rien ne se fait hors du temps et du monde, est rejeté le hasard. Entre le savoir absolu qui rendrait toute action inutile et la perception chaotique, l’homme jouit de la liberté d’occuper le champ des possibles et celle de réaliser non pas le meilleur absolument mais relativement. La liberté du meilleur nous renvoie à la finitude, le meilleur possible car l’homme est l’être de la médiation. Le monde est inachevé, l’homme est remis à lui même et cette liberté du plus ou du moins est une liberté de distance par rapport à Dieu et au bonheur. La prudence interdit à l’homme de se diviniser, c’est le tragique de l’humanité, un tragique ontologique. La liberté est l’ouverture à l’action raisonnable, le signe de l’impuissance de notre raison. L’homme prend la relève d’une providence, d’une fatalité défaillante, la contingence devient un remède au mal. Il y aura toujours à choisir, à délibérer car le monde est imprévisible et changeant. Le monde est inachevé et son inachèvement est une invitation à la liberté, sans contingence, l’activité serait impossible; la délibération sur un avenir qui nous est inconnu est le signe d’une imperfection, l’homme devient le principe de l’avenir. Nous ne sommes pas ce que nous choisissons d’être une fois pur toute mais devenons choisis à chaque instant, c’est le mythe d’Er, la liberté est concentrée dans un temps mythique dont nous sommes séparés par l’oubli. La délibération comprend toujours un risque infinitésimal d’échec. C’est l’expression de la tragédie cosmique de Platon qui traduit la perfectibilité par la série d’incarnations. Ce n’est pas un choix existentiel mais une préférence. Selon le penseur, ce n’est pas la volonté qui est responsable du mal, si l’homme ne veut pas le mal, il peut mal vouloir le bien, c’est-à-dire, choisir le moins bon. Contre toute transcendance intelligible et intellection des intelligible, il y a l’immanence de l’intelligence, l’intelligence des intelligents, la prudence des prudents, il n’y a donc pas de norme transcendante. La plus haute formule de la prudence est la traduction de la liberté grecque, le « connais toi toi-même » de Socrate. Cela signifie aies conscience de tes limites, il ne faut vouloir que le possible et laisser le reste aux dieux. Créon qui refuse la sépulture à son adversaire, outrepasse ses pouvoirs d’homme car cette question est l’affaire des dieux. Œdipe se crèvera les yeux pour avoir voulu trop savoir. Nous avons donc deux formules de la liberté, deux modes différents de la disculpation du mal contre Trasymaque qui voit juste la volonté. Si l’homme est mesure de toutes choses, il est la mesure du mal, c’est selon le penseur, un manque de discernement, le bien est mesure de toutes choses, mais il n’y a pas de volonté du mal, pas de détermination pour le mal mais seulement une ignorance du bien. La méchanceté, le mal sont disculpés par l’ignorance. Pour Aristote, il n’y a pas de volonté du mal, pas de manquement à la connaissance du bien, on ne peut pas vouloir le mal mais mal vouloir le bien.

 

La liberté et le mal chez Platon

 

La liberté trouve son champ d’application dans la double exigence de justice chez l’homme et dans la cité, au niveau individuel et social. Être libre suppose de maîtriser un conflit des passions qui pourrait être à l’origine du mal. La cité gonflée d’humeurs est une dégradation de la cité des besoins. La condition de possibilité de la justice en l’homme et dans la cité est corrélative de la liberté pour le mal. L’homme juste et la cité juste sont pensés comme ce qui peut les corrompre, car tout ce qui est né peut être corrompu. La justice est celle de l’être. Toute la cité doit reproduire dans le sensible le modèle divin. La cité prend modèle sur la justice en soi. La contemplation se prolonge en action. L’action juste dépend de la connaissance de la justice. Si l’état est juste, c’est parce qu’il obéit au sage qui lui-même obéit à l’Idée. Ainsi nous ne sommes pas méchant volontairement mais seulement par ignorance, « nul n’est méchant volontairement ».

 

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