Le concept de droit en philosophie  

 

Révision du BAC – La politique : la justice et le droit 

 

Introduction

 

Nous allons étudier le concept de droit en philosophie, c’est une notion double que nous verrons sous l’angle dans un premier temps, du droit positif et en second lieu sous celui du droit naturel. Dans notre dernière partie nous tenterons de proposer une synthèse des deux droits avec le droit naturel selon Hobbes.

 

 

Droit positif et droit naturel

 

Le droit positif est le droit des codes sanctionné par la loi; C’est l’incarnation du droit naturel, c’est-à-dire, l’exigence de justice intérieure à chaque conscience. Montesquieu sensible à la diversité des coutumes, des institutions affirme que le droit positif est simplement la conséquence du droit naturel, à savoir, des principes moraux universels adoptés dans chaque pays à des conditions  particulières. Nous citerons ces mots pour illustrer cette thèse, « la loi est la raison humaine en tant qu’elle gouverne tous les peuples de la terre et les lois politiques et civiles de chaque nation ne doivent être que les cas particuliers où s’applique cette raison humaine». Mais si les lois ne doivent être que l’expression de la raison, peut-être ont-elles une autre origine. Le droit positif n’est dans aucun pays au monde une création ex-nihilo de la raison pure. C’est un produit complexe de l’histoire; Droit coutumier, puis écrit, il évolue au fur et à mesure des péripéties de l’histoire. Il change avec les guerres et les révolutions. Les sociologues insistent sur le fait que les sociétés n’ont pas été façonnées par des situations individuelles. La société est le fait premier. Dès lors l’idée d’un droit naturel qui précèderait et transcenderait l’organisation collective n’est qu’une chimère métaphysique. Dès qu’il y a société, apparaît un système de règlements sous forme de coutumes. Le droit est l’ensemble des régulations qui tend à s’imposer dans l’organisme collectif. Chaque société a ses règlements, droit civil, commercial, pénal etc. Il est possible de les déduire à partir des exigences de chaque individu. Sinon le droit naturel représenterait des revendications subjectives émanant des consciences individuelles. Ce serait trop dangereux. Le droit naturel n’est pas l’ensemble de revendications individuelles. C’est une exigence de la conscience morale, désintéressée et universelle :

 

Synthèse des deux droits

 

Le droit naturel selon Hobbes

 

«Par droit naturel, j’entends le droit de chaque homme de faire ou de posséder ce qui lui plait».

Pour Kant, le droit naturel est un droit idéal qui est l’expression des aspirations morales des hommes . Donc, le droit naturel a son fondement dans  la nature morale de l’homme. Kant pense que le droit naturel est le droit idéal le plus universel. C’est une revendication de la personne. Par opposition à Kant, Hobbes considère que le droit naturel a un sens différent puisqu’il est l’expression de la force, du pouvoir pur satisfaire une pulsion individuelle; Le droit positif est strictement social,c ‘est l’ensemble des règles qui sont historiquement données.

 

Le droit coutumier au sens des croyances collectives dans un groupe collectif donné s’oppose au droit positif édicté par le législateur.

 

La force se substitue au droit avec Machiavel

 

Machiavel nous expose de façon antithétique les 2 moyens de gouverner « l’une par la force et l’autre par les lois . La première nous vient des bêtes et la seconde des hommes. Mais la solution choisie est intermédiaire. Le prince est hybride, mi-homme mi bête qui doit savoir s’exercer dans le bon moment. C’est donc moins l’action que l’opportunité d’agir qui fait le bon prince. C’est ici qu’intervient la notion grecque de Kairos = le bon moment = une action réussie est celle qui est faite au bon moment. l.8 « il faut qu’un prince sache être homme et bête à propos ». C’est par cette antithèse qui est le prince est dans un premier temps défini.

 

Le prince doit donc être un modèle de savoir faire à l’image du lion pour la force et du renard pour l’intelligence et la ruse. « il doit prendre modèles le lion et le renard ». Il doit être lion pour éviter les filets et renard pour se défendre contre les loups . Ainsi donc, le législateur prend le pouvoir. Il est l’élément rationnel. Il sait ce qui est bien pour le peuple. Il n’est pas tributaire d’un législateur divin mais d’un précepteur qui est le « Centaure Chiron » . Cela illustre de façon allégorique la double nature. mi homme, mi bête du prince. Le centaure Chiron est un être bestial et non supra-humain, il apparait comme le symbole mythologique de la nécessité. Nous comprenons ainsi qu’il est le monstre qui représente le thème de la nature sauvage et qu’il porte sur l’heureuse combinaison force + ruse, la première propre aux hommes et la seconde propre aux bêtes. Par conséquent, la virtù du prince consiste à savoir pratiquer la bête et l’homme.

  

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