Les régimes politiques  dans la philosophie platonicienne, dans la cité et dans l’individu

La république

 

Révision du BAC : La politique – l’Etat 

 

Introduction

 

L’état idéal peut être soit monarchique, soit aristocratique selon qu’il est gouverné par un ou plusieurs philosophes. Les philosophes de l’antiquité partent du principe que tout ce qui est né peut être corrompu, que les mariages à contre temps ne font pas des philosophes et que la hiérarchie naturelle se trouve pervertie, dès lors, la raison, le savoir et le devoir deviennent synonyme de vanité, de crime, d’ambition, d’avarice et de plaisir. Le facteur qui mesure le degré de dégénérescence est l’argent.  Nous avons quatre constitutions imparfaites qui correspondent à quatre types d’hommes imparfaits. Platon nous les présente en ordre de perversion croissante.
 

I – La timocratie

 

C’est la cité du courage et de l’honneur, les caractéristiques propres de ce régime sont les suivantes : Les gouvernants et les gardiens s’approprient les biens des artisans et des agriculteurs qui deviennent leurs serfs, il y a donc un défaut d’égalité, d’ordre et de justice. Ce ne sont plus les philosophes qui gouvernent mais une armée d’occupation.  La gymnastique prend le pas sur la culture. La Crète et Sparte sont des modèles de timocratie, apparaît alors, l’ambition des plaisirs matériels, de l’argent et de des biens. L’homme timocratie est gouverné par l’énergie, l’ambition, les honneurs.

 

II – L’oligarchie

 

On l’appelle la cité de l’argent et de l’avarice, Aristote l’appelle, la ploutocratie. Le passage de la timocratie à l’oligarchie est l’enrichissement, le goût de la fortune, le luxe, la richesse, les biens. Certains s’enrichissent sur d’autres, en particulier les pauvres ainsi nous voyons apparaître deux classes distinctes, les riches et les pauvres, deux états qui désormais sont toujours en lutte.  L’état n’est  pas un mais deux. L’homme oligarchique est gouverné par le désir et la passion de l’argent. Il conserve cependant une apparence de tempérance mais en fait il recherche l’argent pour l’argent. On s’approche ainsi du régime démocratique, la perversion et la corruption vont  s’intensifier.

 

III – La démocratie

 

C’est le régime politique qui met le plus en avant le caractère individuel, l’homme devient mesure de toutes choses selon les mots de Protagoras. Nous voyons apparaître, la cité du désordre et de l’arbitraire. Le passage de l’oligarchie à la démocratie est le désire insatiable de s’enrichir qui est aussi cause des révoltes des pauvres contre les riches. C’est le régime de la liberté sans fin, d’égalités entre les inégalités. Il n’y a pas de respect pour le pouvoir, c’est par conséquent un régime très instable et faible par définition. L’homme démocratique satisfait à la fois des besoins nécessaires et non nécessaires, par opposition à l’homme oligarchique qui est tour à tour tempérant et intempérant.

 

IV – La tyrannie

 

C’est la cité la plus pervertie, cité de la peur et du crime. Le passage de la démocratie à la tyrannie est le résultat de cette ivresse démocratique, cette insatiabilité et l’impossibilité de s’auto discipliner. Tout excès de la liberté amène la servitude dans l’état et dans l’individu. Le peuple choisit un homme pour se défendre contre riches, un homme à qui il accorde tous les pouvoirs et une garde personnelle. Le tyran finit par retourner l’armée contre le peuple, le désir tyrannique vient de la tyrannie du désir. L’homme tyrannique est gouverné par un désir déréglé, il est tyrannisé et il extermine tout ce qui fait obstacle à ses désires amoureux. Nous nous situons au niveau de la perfection du mal.  L’oligarchie, la timocratie et la démocratie sont trois espèces de constitutions imparfaites alors que la philosophie ou l’aristocratie et la tyrannie en sont les deux extrêmes, positifs et négatifs. Lequel de l’homme royal, du philosophe ou du tyran est le plus heureux ? C’est un argument politique. Selon  l’analogie entre la structure de l’âme et de l’état, l’homme tyrannique, tyrannisé par ses peurs, peur du peuple qui le hait et  l’opprime, de ses gardes intéressés, celui-ci donc est le plus malheureux. Nous avons aussi un argument psychologique, selon la tripartition de l’âme chez Platon,  il y a trois sortes de désirs et de plaisirs, une partie par laquelle l’homme connait, s’irrite, fait valoir ses tendances insatiables, argent, biens divers etc., nous retrouvons le portrait de trois hommes, le philosophe, l’ambitieux et l’intéressé. Le philosophe est seul capable de juger quel est le plaisir le plus haut car il a eu l’expérience des trois espèces de plaisirs. Mais en fait, l’argument dominant philosophique dominant est le suivant, le plaisir de penser est le seul vrai plaisir. Le tyran est donc celui qui est le plus éloigné du vrai plaisir et du bonheur. La justice est plus avantageuse que l’injustice.

 

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