Le concept d’harmonie dans l’antiquité : Aristote et Philolaos

 

Notion du BAC : La raison et le réel

 

Nous allons étudier le concept d’harmonie dans l’antiquité dans le cadre de notre séquence raison et réel, nous proposerons ainsi non pas un approfondissement de la vision du monde du point de vue épistémologique mais du point de vue de l’histoire de la philosophie. Nombreux sont les philosophes qui se sont interrogés sur la représentation du monde, l’espace astronomique, pour les uns cette représentation correspond à une exigence d’ordre avec l’image du cercle et pour d’autres, elle renvoie à une exigence d’harmonie avec les notions de spirales et de tourbillons. Nous verrons les différentes conceptions de tous les penseurs de l’époque et les conséquences que leur conception de l’espace astronomique suppose.

 

Double représentation de l’espace astronomique, exigence d’ordre et d’harmonie, cercle ou tourbillon
   

Anaximandre et Anaxagore ainsi qu’Empédocle ont recours au principe tourbillonnaire pour expliquer la naissance d’un monde ordonné. Nous avons dans certains dialogues de Platon, les lois des astres qui sont évoquées tels des accords musicaux isomorphes suggérant ainsi l’harmonie des sphères. La définition du cercle chez Euclide met en évidence que le cercle est un marqueur d’égalité de droites, cela permet de circonscrire les polygones réguliers. Le cercle parfait est idéalisé. Le système de Philolaos nous ramène au système astronomique, à l’hypothèse pré copernicienne, la terre tourne, les autres planètes sont autour d’un feu central, c’est le pyrocentrisme. Nous avons l’Olympe, les étoiles fixes, en second lieu, le kosmos, les sphères planétaires et enfin, Ouranos, le ciel, c’est la région sublunaire, elle contient tous les éléments corruptibles. Philolaos pense que le monde harmonieux résulte de la détermination numérique de l’illimité, apeiron, par la limite. En s’harmonisant, la totalité du monde s’est constituée. L’harmonie se constitue par mouvement périodique des fixes dans le monde sublunaire, il y a une différenciation toujours accrue sous l’influence de l’apeiron, il y a dans ce cas dysharmonie. L’éternel retour remédie à ce corruptible, il peut s’approcher de l’harmonie des fixes. Les aristotéliciens critiquent cela, ils pensent que les êtres sont numériquement identiques aux précédents, c’est le retour du même, l’éternel retour du même. La répétition annule la différence. Au contraire pour Philolaos, la répétition n’est pas persistance de la même chose mais facteur d’illimitation, de variation, il y a selon lui une harmonie au sein même de ce qui se corrompt, il s’agit en fait pour le schématiser plus simplement de se représenter le monde comme une répétition au sens d’une spirale ou d’un cercle. Aristote reconnait l’éternel retour, le ciel est sphérique donc il n’y a aucun changement. Les cercles concentriques représentent un cercle, c’est la figure la plus parfaite. Il reconnaît l’existence d’une matière céleste, la nature doit être l’objet de science, donc il est nécessaire de rendre compte de façon rationnelle des phénomènes, nous devons introduire le principe de changement dans le physique. Il pose une différence essentielle, la puissance et l’acte. Il faut rendre ainsi compte du mouvement et du changement, cela implique une distinction entre la puissance et l’acte. Aristote affirme qu’à part l’infini, tout passe à l’acte. Il y a actualisation d’une puissance en fonction d’un principe qui est la forme. Le philosophe nous dit que la matière est en puissance d’une forme. Matière et forme sont une et même forme en puissance d’un côté et en acte de l’autre. La puissance devient réelle en se réalisant, c’est à dire en passant à l’acte, la matière par exemple a une existence en puissance. Ainsi, puissance et acte ont une signification selon les catégories. De la puissance à l’acte, nous avons la substance caractérisée par la génération et la corruption, la quantité qui rend compte de l’accroissement et du décroissement, de la qualité pour l’altération et du lieu pour la transgression, le mouvement local. Nous pouvons donner un exemple avec la génération, tout part d’une matière prochaine, c’est-à-dire en puissance, la forme qu’elle va incarner. Le moteur doit être en acte sinon il y a pétition de principe. Il faut un autre homme pour produire un homme, cet autre homme possède avec l’homme qui va naitre une forme générique commune, l’humanité. La forme générée est la substance composée qui est en acte, incarnée et constitue un être individuel, par exemple Socrate. Nous avons un moteur au niveau physique qui permet le passage de la puissance à l’acte, le premier moteur met en mouvement tous les autres et n’est mû par rien. Le premier moteur est nécessairement éternel; l’acte pur est nécessairement intelligible. Dieu meut sans être mû. Seule la pensée peut constituer ce désirable ainsi que l’affirme Aristote, donc nous avons une hiérarchie des êtres car ce moteur met en mouvement tous les autres. Le penseur met l’accent sur la nécessité d’un premier moteur intelligible. Nous retrouvons donc la double exigence d’ordre et d’harmonie dans la représentation du monde, en particulier la notion de cercle.

 

Partagez

Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedinmail

Un ebook de méthodologie pour aller plus loin

Avec cet ebook rédigé par un professeur de philosophie enseignant en Terminal, correcteur au BAC et examinateur à l'oral du BAC,  vous apprendrez la bonne méthode, pourrez travailler pas à pas sur des exemples, et étudier des corrigés d'épreuves précédentes.

comment faire une dissertation de philosophie pour le BAC