Les catégories d’Aristote

 

Notion du BAC : La raison et le réel/La théorie et l’expérience

 

Introduction

 

Nous allons étudier, dans le cadre de la théorie et de l’expérience, les catégories aristotéliciennes, cest-à-dire, la prédication ou lattribution. Aristote analyse dans les catégories les termes isolés. Les termes en fonction de leur prédication possible. Il distingue un certain nombre de catégories, substance, quantité, relation, qualité, lieu, temps, la situation ou la position. Cette liste est parfois variable. Dans un premier temps, nous analyserons la distinction entre les catégories. En second lieu, nous éluciderons le statut de la multiplicité et les difficultés philosophiques inhérentes à ce problème.

 

La distinction entre les catégories

   

Nous entendons par substance par exemple, lhomme, le cheval, par quantité, ce qui coule, par relation, la moitié par exemple et par qualité, la blancheur. La distinction entre la substance et les autres catégories est la distinction essentielle. Le terme grec est ousia. Elle nest ni dans un sujet ni dite dun sujet, celui dont on dit quelque chose nest dit de rien. La structure de la prédication aboutit à cette polarité, ce dont on dit mais ce qui nest dit de rien. La substance nest pas dite dun sujet; tout langage présuppose quil y a des termes quon attribue à dautres termes et dautres qui ne sont attribués à rien. On peut attribuer lagir, le pâtir, un temps, mais on ne peut attribuer Socrate à rien. Cest la difficulté du rapport Socrate et lattribution particulière, homme, donc lespèce et le genre. Lopposition entre de prédicats, par exemple, quand je dis de Socrate quil est assis ou savant, je lui attribue une qualité ou un paronyme de la qualité. Mais quand je dis, quil est homme, jai quelque chose de vrai car il est homme mais, cest une prédication qui na pas le même sens car dans un sens, jattribue à Socrate un accident et dans lautre son être même, la substance première, celle qui ne sattribue à aucun autre sujet que Socrate. Je ne dis Socrate de rien dautre. La substance seconde est lhomme qui peut-être attribué à une substance première, Socrate est un homme, un animal raisonnable. La distinction est radicale entre les deux substances. La substance première nest jamais prédicat; elle est nécessairement un individu singulier; tout discours implique un quelque chose qui nest dit de rien, cest la substance première.

   

Le statut de la multiplicité et les difficultés philosophiques

   

Les termes isolés tombent sous les catégories qui sont comme des genres pour les termes isolés. Il faut ramener la multiplicité à un certain nombre de titres, de catégories donc des genres sous lesquels on peut ramener les expériences isolées dans le langage. Les catégories sont une tentative de mise en ordre du discours, un procédé de placement du vocabulaire en général. Au premier degré dintelligibilité cette référence renvoie déjà à celle du langage. Les catégories comme genres des termes isolés sont aussi lessence de ces termes, cest une manière de faire rentrer le singulier sous un genre. La prédication est le deuxième degré dintelligibilité, de multiplicité, les catégories sont les figures de la prédication. Une catégorie définit un type de prédication, rapporté comme prédicat à un discours possible. La prédication peut-être selon la quantité, la qualité et la relation. La difficulté de la substance ne définit pas un type de prédication, elle renvoie à une figure de la prédication car Socrate est un homme, la substance seconde est attribuée à la substance première. Nous pouvons aussi attribuer une quantité ou une qualité et dire par exemple, Socrate est grand et brun. Cest une philosophie de la grammaire. Mais il y a un troisième statut, celui de la multiplicité des catégories, les sens de lêtre, léquivocité de lêtre. Létant se dit de multiples manières, il se dit du multiple, ces figures de prédication, ces multiples manières dont se dit létant, il détermine les multiples sens de lêtre comme la quantité, la qualité, la relation. Les catégories se définissent en fait comme les multiples sens de létant. Il ny a pas dunivocité de lêtre, lêtre ou létant nest pas un genre pour les catégories; la substance, la qualité, la quantité sont des espèces dun genre, un étant. Il faudrait selon Aristote dépasser ce schéma quil considère comme faux. Létant ne serait pas selon lui un genre de létant. Cest une multiplicité irréductible. Par rapport aux genres, lêtre nest pas un genre. La notion de létant est à éclaircir; lanimal est un genre pour cheval. A chaque fois on peut donner une différence particulière à un contenu qui est le genre et une différence pour les différentes espèces. Pas pour létant. Létant nest pas un genre, il se dit de façon multiple. Il ne sagit pas dune analyse linguistique mais ontologique. Léquivocité se manifeste dans le langage. Mais il y a un être qui fait être tous les autres cest la substance. Cest parce quil y a des substances quil y a des quantités etc. les qualités nont dêtre que pour autant quelles sont qualités de quelque chose, dune substance. Les catégories ont leur être en la substance et la substance a son être en soi, cest létant en tant quil consiste en lui-même. La substance est lauto consistance de lêtre.

   

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