Concevoir et rédiger une introduction en philosophie : quelques principes méthodologiques

 

 
Le rôle d’une introduction :

 

Il ne s’agit pas d’une pure présentation du sujet. Il faut au contraire poser un problème, introduire est en fait soulever un problème qu’il faudra résoudre dans le développement. Le candidat devra valoriser le sujet. Il ne faut pas supposer le sujet connu du lecteur, le texte de l’introduction doit être animé d’une démarcher thématique visant à présenter le sujet et à dégager la nécessité d’une réflexion.

L’idée directrice du mouvement de l’introduction a deux exigences. Il s’agit d’acheminer le sujet et de mettre en évidence un problème qu’il faut constituer dans le mouvement même de cette présentation discursive. Nous mettrons en avant l’idée que le sujet ne formule pas immédiatement le contenu explicite d’un problème. Il appartient en fait au travail préparatoire de mettre en place ce problème de façon aussi complète que possible, l’introduction doit avoir pour finalité de le désigner, de le faire émerger au moins dans ses grandes lignes, pour inaugurer en quelque sorte le mouvement général de la réflexion et de l’approfondissement.

Il ne faut donc pas se contenter d’une introduction anecdotique, comme par exemple, « de tout temps, l’homme a réfléchi sur le problème ».

 

Quand rédiger l’introduction ?

 

Il faut dans un premier temps, commencer le travail préparatoire avant de rédiger l’introduction, le travail préparatoire étant l’analyse et la compréhension du sujet. Une fois les concepts importants du sujet général compris, la rédaction proprement dite se fera en deux temps. Il faut trouver un cheminement simple, un principe directeur permettant de mettre en place une démarche qui conduit au sujet. La recherche mettra en place les éléments du travail préparatoire. La formulation devra être aussi concise que possible. Il faut éviter de s’attarder à des détails ou à des développements qui alourdissent l’introduction et font perdre de vue le mouvement qui l’anime. La démarche doit toujours être homogène, simple et directe.

 
Comment s’y prendre ?

 

Il ne faut pas tomber dans les généralités et les platitudes, la paraphrase. Deux principes sont à retenir, le texte de l’introduction doit conduire au libellé du sujet, l’argument de l’introduction doit constituer le sujet visé en domaine de réflexion, lieu d’un problème. Il existe bien sûr plusieurs manières  de présenter un sujet, de le faire émerger comme objet de réflexion.

 
Les cinq questions à se poser pour rédiger une bonne introduction

 

Si l’on s’interroge sur la question de savoir « dans quelle mesure l’homme peut se libérer du passé », on peut se soulever les points suivants.
 

Sur quel terrain ou dans quel domaine la question posée par le sujet apparaît elle comme nécessaire ?

Il faut poser des problèmes concrets mettant en évidence le poids du passé comme les préjugés, les traumatismes du vécu.
 

Quels sont les faits qui actualisent ou suscitent une telle interrogation ?

Il s’agit de trouver des circonstances dans lesquelles le poids du passé peut apparaître comme un obstacle et introduire ainsi la question. Les périodes historiques de crise, révolutionnaires par exemple.
 

Dans quelle interrogation d’ensemble peut on insérer la question proposée ou le domaine de réflexion ouvert par le sujet ?

Cela suppose que l’on s’interroge sur le progrès comme idée d’un devenir où l’homme se dépasse sans cesse lui-même. Le devenir humain pensé comme progrès n’implique t’il pas un pouvoir constant de dépassement et d’évolution ? Dans quelle mesure celui-ci existe-t-il ?
 

Dans quel horizon intellectuel ou culturel peut se manifester la nécessité d’une question semblable ?

La philosophie des lumières et la problématique du progrès  avec Diderot peuvent par exemple être évoquées. Après la fin du géocentrisme chrétien et la naissance d’une physique scientifique, la possibilité d’un progrès généralisé dans les sciences de la nature avec Pascal et la préface du traité sur le vide, nous nous autorisons si l’on va dans cette optique de réflexion un dépassement possible du passé représenté par la tradition, les autorités admises et la vénération des anciens.
 

Qu’est-ce qui appelle, justifie, requiert une telle interrogation ?

Quels sont les motifs concrets et les intérêts d’une telle question? L’engagement politique ou le choix d’un type d’éducation, ou encore la recherche d’un modèle de vie, conduisent à divers titres à s’interroger sur la possibilité effective de s’affranchir du passé. L’efficacité d’une action, la valeur d’un idéal, la crédibilité d’un choix sont directement en cause dans une telle question.

Nous pouvons donc récapituler les questions à se poser relativement à un sujet comme celui là pour rédiger et faire une bonne introduction.

 
Conclusion

 

Dans la mesure du possible, il est conseillé de suivre au niveau méthodologique les cinq questions types qui viennent d’être posées à titre d’exemples et de variations possibles autour d’un même sujet, à savoir :

  • Origine réelle d’une question
  • Circonstances de son émergence
  • Interrogation où elle s’insère
  • Contexte culturel
  • Enjeu pratique et intérêt de la question.

 

Exemples d’introductions rédigées

Peut-on reprocher à une oeuvre d’art de ne rien vouloir dire ?

 

Suffit-il pour être soi-même d’être différent des autres ?« 

 

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