La dissertation philosophique : Exemple d’explicitation d’une notion dans le cadre de deux expressions communes différentes

 

Sujet : Le terme « expérience » a t-il le même sens dans les expressions «avoir de l’expérience» et «faire une expérience» ?

Remarques :

 

Nous devons dans un premier temps poser la signification générale de la question. On invoque dans la vie quotidienne, la valeur de l’expérience. La référence à un vécu long et diversifié semble légitimer un point de vue, un jugement, et il est habituel d’associer la sagesse pratique à l’âge. Une longue expérience semble autoriser et valider par avance un jugement et il est fréquent d’entendre opposer la connaissance par expérience à la connaissance livresque ou abstraite. Une telle conception ne recouvre t’elle pas une série d’illusions? Le vécu est il transparent à lui-même? L’intelligibilité des phénomènes s’en dégage t’elle spontanément? L’exemplarité de l’expérience personnelle fait à tout le moins problème; Nous devons mettre en avant l’ambivalence du mot expérience. Il y a beaucoup de nuances au niveau des expressions, par exemple, un homme d’expérience, fais en l’expérience, etc. le mot en lui-même renvoie schématiquement à deux données distinctes, l’expérience vécue et l’expérience scientifique. Cela nous permet de souligner un enjeu important pour notre réflexion, l’expérience personnelle doit être problématisée au niveau des processus mentaux implicites.

 

Analyses suggérées

 

Problématisation de l’expérience vécue

 

Une expérience personnelle est toujours partielle, relative et souvent contradictoire. IL faut ici encore dénoncer l’illusion selon laquelle les faits vus ou vécus parleraient d’eux-mêmes et définiraient leur propre intelligibilité. Cela peut paraître naïf de croire que le vécu se suffit à lui-même. L’expérience vécue s’organise et s’interprète, des processus mentaux implicites se déroulent. Le problème est de savoir si dans la vie quotidienne, il est possible de maîtriser complètement ces processus à l’instar de ce qui se passe dans l’expérimentation scientifique. Ainsi la question est de savoir si la saisie et l’interprétation du vécu seront laissées au hasard des rencontres empiriques et a la singularité d’une subjectivité ou bine si elles seront normées par une exigence de lucidité, de vigilances critiques et d’efficacité. On comprend que l’approche comparative de la conduite de l’expérience vécue et de l’expérimentation scientifique puisse être instructive à cet égard. La question est en fait de savoir si la saisie et l’interprétation du vécu seront laissées au hasard des rencontres empiriques et à la singularité d’une subjectivité ou bine si elles seront normées par une exigence de lucidité, de vigilance critique et d’efficacité.

 

La critique épistémologique

 

Il s’agit de faire une expérience mais en définissant rigoureusement toutes ses données afin d’en maîtriser à la fois le déroulement et l’interprétation. Dans l’expérience scientifique, c’est la théorie qui doit maîtriser la pratique, en régler à l’avance tous les paramètres. C’est à cette condition que l’expérience pourra remplacer efficacement son rôle de vérification de l’hypothèse explicative initiale. Il faut donc faire une différence entre l’expérimentation scientifique de l’expérience courante, ou l’esprit ne fait que recevoir des informations parcellaires, non maîtrisées, et où l’interférence des processus les plus divers rend problématique toute interprétation. Pour approfondir la réflexion, nous donnerons quelques références. Nous pouvons tout d’abord citer la théorie de la méthode expérimentale selon Claude Bernard, que nous citerons, « l’expérimentateur est celui qui en vertu d’une interprétation plus ou moins probable mais anticipée des phénomènes observés, institue l’expérience de manière que dans l’l’ordre logique de ses prévisions, elle fournisse un résultat qui serve de contrôle à l’hypothèse ou à l’idée préconçue. »

 

Nous pouvons ensuite citer Bachelard avec l’expérience première comme obstacle épistémologique, « dans la formation d’un esprit scientifique, le premier obstacle, c’est l’expérience première, c’est l’expérience placée avant et au dessus de la critique qui elle est nécessairement un élément intégrant de l’esprit scientifique. » concernant le questionnement de l’expérience par la t théorie, nous citerons de même Bachelard qui affirme, « pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question . S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance scientifique ». Concernant la théorie et l’expérience, nous mettrons en avant deux références philosophique, Platon pour la première, une approche critique de l’expérience première et du type d’illusion qui s’ rattache avec La République, livre VIII en particulier, l’allégorie de la caverne. Enfin, nous nous référerons à Kant, pour qui le statu de l’expérience dans la connaissance tel qu’il est exposé dans la critique de la raison pure, nous permet d’affirmer, « mais si toute notre connaissance débute avec l’expérience, cela ne prouve pas qu’elle dérive toute de l’expérience.

 

Conclusion

 

La conclusion reprend la formulation de la question de départ, nous avons donc vu que le terme « expérience » n’a pas le même sens dans les expressions « avoir de l’expérience » et « faire une expérience ». il nous faut donc tout d’abord mettre en avant la problématisation de l’expérience vécue érigée en référence exemplaire puis, concernant la théorie et l’expérience, souligner la critique épistémologique de l’expérience vécu

 

Méthodologie de conception et rédaction d’une introduction en philosophie

 

Partagez

Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedinmail

Un ebook de méthodologie pour aller plus loin

Avec cet ebook rédigé par un professeur de philosophie enseignant en Terminal, correcteur au BAC et examinateur à l'oral du BAC,  vous apprendrez la bonne méthode, pourrez travailler pas à pas sur des exemples, et étudier des corrigés d'épreuves précédentes.

comment faire une dissertation de philosophie pour le BAC