La conception du langage

 

Notion du BAC : La culture/Science et technique

 

Introduction

 

Nous allons étudier dans le cadre de la séquence la culture, le thème de la technique dans son opposition à la science. Dans une première partie, nous étudierons la construction du fait scientifique, puis les caractéristiques de la science. Nous verrons ensuite en quoi le savoir faire précède le savoir et pour conclure, en quoi la science construit un monde artificiel. Nous montrerons ainsi en quoi et comment la science et la technique sont étroitement liées si ce n’est au niveau du fait que l’une est contrairement à l’autre désintéressée, elles sont indispensables l’une à l’autre à la construction objective, pratique et intelligente du monde.

 

La construction du fait scientifique : dépasser le contenu immédiat de la perception

 

Il s’agit de la construction du fait scientifique au sens ou la réalité scientifique est une réalité construite, il est donc nécessaire de transposer le fait au niveau objectif de façon à ce qu’il ait une signification scientifique. Il faut souvent intervenir auprès du champ visuel et spatial, en effet, nous parlerons d’un fait objectif lorsque nous pourrons le transposer au stade scientifique, par exemple, concernant la température, il ne s’agit d’affirmer « il fait chaud », mais de reconnaître objectivement la température élevée sur le thermomètre. Nous devons par conséquent distinguer le vécu immédiat, sentir la chaleur ou le froid, du connu scientifique. La science n’est pas relative à la perception de chacun mais elle doit se construire. Nous pouvons par conséquent inclure dans les caractéristiques de la science la réalité au sens d’une réalité construite qui n’a rien à voir avec la réalité perçue, le senti. Nous pouvons en outre rajouter une autre caractéristique, en effet, il nous faut reconnaître que la science n’est pas intéressée, c’est une connaissance désintéressée, elle est simplement l’expression d’un besoin intellectuel. Dans ce sens nous pouvons affirmer que la science est opposée à la technique, car cette dernière est définie comme l’ensemble des procédés définis et transmissibles qui permettent à l’homme d’utiliser les connaissances en matière de science. Une différence majeure s’impose alors, la science est désintéressée tandis que la technique est utilitaire. Nous pourrions éventuellement rapprocher la science de l’art ainsi que l’affirme Poincaré. En effet, le but de la science est la vérité. Mais ajoute t’il, elle n’est pas seulement vraie elle est belle. Le scientifique ajoute quelques idées relativement au fait que la science soit désintéressée, « les machines sont utiles car, travaillant pour nous, elles nous laisseront un jour plus de temps pour faire de la science et non pas, la science est utile parce qu’elle nous donne des machines. Le désintéressement est par conséquent une caractéristique majeure de la science.

 

Le savoir faire précède le savoir

 

La technique par définition suppose l’application d’un savoir mais les choses ne se passent pas si simplement, en réalité, l’histoire des sciences et des techniques nous montre qu’en fait les choses se passent tout autrement. Les peuples primitifs ne possèdent aucune science digne de ce nom. Leurs théories sur la nature reflètent les illusions anthropomorphiques. Les hommes dans un premier temps se sont pensés comme des âmes ainsi que le suggère l’animisme, ils ont projeté sur les forces naturelles des signes psychologiques propres aux hommes; cela explique que les primitifs aient toujours tenté de maîtriser la nature. Tels sont les procédés de la magie qui correspondent sur le plan de l’action au stade anthropomorphique et animiste de l’explication. C’est ainsi que les primitifs tentent d’agir sur les vents par exemple. Pourtant ils possèdent déjà des inventions, ainsi les pirogues qui s’adaptent aux flots et qui nous montrent que la théorie est très en retard sur la pratique. Si la technique efficace précède la science, c’est parce que les premières techniques ne sont qu’un prolongement de l’instinct, de l’adaptation biologique spontanée. L’outil prolonge l’organe; le bâton prolonge le bras, l’hameçon imite le doigt recourbé etc.; ces tendances humaines qui s’incarnent dans les techniques prennent la suite des forces qui s’exercent dans l’adaptation biologique animale. La savoir faire précède donc le savoir.

 

La science offre un monde artificiel, la science est construction

 

D’une certaine manière, nous pouvons de façon certaine que si la technique est en rapport avec la science, ce n’est pas que d’un point de vue utilitaire, qu’elles se distinguent l’une de l’autre. Nous dirons ainsi qu’elles sont toutes les deux dans le même axe épistémologique. La science devient de ce fait un véritable guide de l’action sur le monde, elle fabrique. La science n’est pas seulement connaissance, ni moyen d’agir, elle est créatrice. Technique et science transfigurent le monde sous nos yeux; nous vivons dans un univers d’artifices; nos plaisirs, nos villes, nos déplacements s’enrichissent sans cesse de réalisations, d’inventions qui transforment la nature. Cela justifie la citation de Descartes qui affirme, « nous sommes maîtres et possesseurs de la nature ». Dans cette voie, il n’y a ni opposition de la science et de la technique, ni réduction de l’une à l’autre, mais synthèse. La science est technique et la technique est science puisqu’il s’agit de créer. L’analyse philosophique montre que la science est devenue l’espoir des hommes pour la conquête de ce qu’ils appellent la liberté et qui est conçue comme la suppression de toutes les limites imposées par la nature. Si nous posons la problématique de la science et de la technique d’un point de vue historique, nous reconnaîtrons que la pratique précède la théorie, cela signifie que la technique précède la science. Nous retrouvons une préoccupation pratique dominante dans toutes les sciences. Ainsi la science se constitue pour répondre aux appels de la technique. Nous pouvons cependant poser la discontinuité entre les deux. La science n’a rien à voir avec la technique au sens de technique préscientifique spontanée, la pratique instinctive. Nous avons un certain recul de la science par rapport à la technique primitive. De cette manière, nous pouvons affirmer que la science fait progresser les techniques car elle va recevoir des applications pratiques. Par exemple, jusqu’au Xxème siècle, il s’agissait pour éclairer de faire brûler une matière. Au Xxème siècle, c’est avec la lampe électrique que l’on peut éclairer. Cette fois, pour éclairer on empêche de brûler. Mais pour que cet artifice technique soit possible, la connaissance scientifique du phénomène de la combustion est nécessaire. Ainsi l’étroite collaboration entre la science et la technique est très nette. Le technicien adapte la science à la pratique. Le savant découvre. Il nous faut donc affirmer que la science est liée à la technique. Elles ne se distinguent pas tant que cela. Seule la visée utilitaire les oppose. Elles restent toujours dans le même axe épistémologique comme nous l’avons dit précédemment. Nous dirons donc de la science qu’elle est créatrice, tout comme la technique, toutes les deux transfigurent le monde.

La science a besoin de la technique et la technique a besoin de la science. Il s’agit en fait de créer. La science est devenue l’espoir des hommes pour la conquête de ce qu’ils appellent la liberté et qui est conçue comme la suppression de toutes les limites imposées par la nature.

 

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