La politique en philosophie : L’homme philosophique est un homme politique – Platon  

 

Notion du BAC : La politique – l’Etat 

 

Introduction

 

Nous allons étudier le concept de politique en philosophie avec tous les concepts qui s’y rattachent et justifient la nécessité de fonder un état d’un point de vue politique. La politique est dans un premier temps liée à l’idée nécessaire de lois ayant pour rôle de nous fournir des règles d’action.

 

Nous savons que les lois ont pour fonction de régir l’ensemble de nos actions. Une volonté par elle-même est sans lumière et soumise au règne de la passion. C’est en fait la science de la pratique. Il n’y a de véritables lois que celles qui sont dictées par la raison. La volonté ne fait que renforcer ce lien. Là où il n’y a pas de raison, il peut y avoir contrainte, il n’y a pas de lois. Nous retrouvons cette dualité de la raison et de la volonté dans tous les schémas politiques des anciens et des modernes. La rationalité de la loi ne peut pas être laissée aux jugements de ceux qui la subissent. Sans raison, une loi n’est plus une loi, elle perd son caractère essentiel qui est de fournir une norme d’action. La loi humaine ne doit pas viser un bien immédiat mais à  travers ce bien, le bien suprême, mais toute raison n’est pas efficace dans son action régulatrice. Il faut qu’elle soit armée de puissance, elle doit résider au sein de la communauté d’êtres, elle suppose la compétence et l’efficacité de l’autorité. Dans la communauté elle-même elle a valeur d’autorité.

 

Nous tenterons de dépasser cette analyse pour montrer que l’homme philosophique est un homme politique selon Platon, nous verrons dans un premier temps, l’exigence politique, en second lieu comme la philosophie répond à cette exigence politique et enfin nous conclurons notre étude sur l’idée que seul le philosophe est capable d’être l’homme politique par excellence.

 

I – L’exigence politique

 

A l’époque de Platon, nous sommes en pleine crise de la cité, il y a dégradation dont les principaux responsables sont les sophistes qui dénaturent tut en se contentant du vraisemblable. La politique devient un sujet théorique avec Platon. Il cherche un moyen de répondre aux exigences politiques. Dans cet état de conflit, la philosophie se résume à une recherche du pouvoir. Les sophistes font de la politique un effet de discours, effet de persuasion appelé rhétorique. La parole fait l’être. La politique se définit par l’idée de justice. Cet ordre est double, dans la cité et dans les âmes. Le philosophe est le seul à pouvoir apporter l’ordre dans la cité du fait qu’il l’a en lui. L’homme qui sait se diriger par la raison est le seul capable d’être un réformateur social car il fut lui-même son propre réformateur. Le penseur philosophe est le médiateur indispensable à la construction d’un état.

 
II – Comment la philosophie peut elle répondre à cette exigence politique ?

 

Le philosophe est le seul qui soit parvenu par la raison à conquérir le savoir politique. La politique est d’abord objet d’un savoir chez les anciens, on peut lire pour s’en persuader, La République de Platon. En effet, le penseur est celui dont la raison gouverne les autres facultés. Cet objet de savoir est fondé dans l’être, réalité ontologique. Cette justice est un principe qui garantit l’ordre, la stabilité de la société à l’image de la stabilité du monde des Idées. Il y a passage du sensible à l’intelligible. Seul le philosophe peut garantir ce passage. L’aptitude philosophique est un don de nature, c’est par nature que le philosophe doit gouverner la cité. D’où vient cette capacité du philosophe à diriger la cité?

 

La politique n’est pas matière à enseignement, ce n’est pas un savoir ainsi que nous l’enseigne par exemple, Alcibiade ou encore le Ménon.  Les hommes naissent avec un certain talent naturel que Zeus a transmis aux hommes, l’innéité des dons ne se transmet pas. Les sophistes sont d’autant plus récusés comme maîtres de la politique. Les hommes politiques sont des bons philosophes car ils sont capables de rendre compte de leurs actions. Nous avons ainsi dans le même homme, la vertu politique, l’activité pratique et la vertu théorique, la faculté du théorique. La théorie est un don de nature propre aux philosophes car tout s’apprend sauf la connaissance vraie. Il y a une espèce de cécité intellectuelle. Le don philosophique est supérieur au don politique car celui-ci se situe au niveau de l’action. Le don théorique est propre à cette faculté supérieure entre toutes, la noétique. Comme se manifeste ce don philosophique? Chaque caractéristique du personnage philosophe sert aux tâches politiques. Il y a le goût de l’éternel, cela sert l’ordre et l’harmonie sociale, vient ensuite la liberté de penser, et le mépris du corps, le penseur philosophe ne craint pas les avatars de la vie matérielle, il y a un désintéressement, le corps introduit une dissension interne chez les individus qui est à l’image de la dissension de la société. L’homme devient ainsi sociable, ce qui instaure une harmonie dans la cité. L’homme a ensuite une facilité à apprendre et à se souvenir, il établit la relation à l’intelligible. Il s’instaure en outre un mépris du travail manuel, l’homme jouit ainsi d’une liberté intellectuelle du fait de son inactivité, de son oisiveté. Le philosophe selon Platon est l’homme politique par excellence car il est à distance de tous les besoins matériels.

 
III – Le philosophe est seul capable d’être l’homme politique
 

Platon défend une aristocratie noétique, c’est-à-dire de l’intellect au sens d’un don de l’âme. Le don philosophique n’est pas héréditaire par conséquent. Il s’agit d’élire une élite compétente, par opposition à la démocratie compétente des sophistes. Chez Platon cela suppose que le devenir est synonyme de dégradation, l’idée de justice est fondée sur l’immuable, l’éternel. Les limites sont aussi sociales car il y a une nostalgie de la société aristocratique, un dédain foncier de la démocratie. La conception de la politique est réductrice car elle est limitée à la sphère de l’état. Cela ne recouvre pas la totalité de la cité, et met à part les activités matérielles. La politique concerne la théorie car elle touche les conditions d’existence de la cité et non sa réalité. Le scepticisme politique de Platon tient peut être à la limite de la théorie platonicienne. La politique est en fait ainsi que nous l’enseigne la République, une illustration de la chute de l’âme dans le corps. Le philosophe politique doit donc être théoricien. En opposant ainsi le pouvoir et le savoir, on arrive à une aporie, il faut que le philosophe devienne roi car il est plus improbable que le roi devienne philosophe.

 

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