L’existence et le temps

 

Notion du BAC : Le sujet

 

Introduction

 

Nous allons étudier la thématique de l’existence et du temps en philosophie dans l’optique du baccalauréat. Dans un premier temps, nous analyserons l’irréversibilité du temps qui passe avec tout ce que cela implique, le tragique du temps et l’existence au cœur de ce drame existentiel. Dans le but d’illustrer notre thèse, nous développerons le mythe de l’éternel retour avec les stoiciens et avec Nietzsche, enfin nous proposerons une conclusion qui mettra en avant le tragique de la destinée humaine et l’enferment dans le temps qu’elle suppose. La notion de fatalité sera de ce fait mise en évidence dans le sens d’une traduction de l’impuissance de l’homme sur le temps qui passe

 
L’irréversibilité du temps

 

Le tragique du temps et l’existence

 

Le thème du temps ne peut se traiter sans les thèmes annexes de l’existence et de la mort. Notre servitude est complète vis-à-vis du temps. Lagneau disait, « le temps est la forme de mon impuissance ». L’espace au contraire est réversible car il est possible de le parcourir dans des directions opposées et de retourner à notre point de départ. Le temps lui, est irréversible; il ne peut-être parcouru que dans une seule direction. Il est impossible de revenir en arrière, impossible de revivre l’année précédente, on ne cesse au contraire de s’en éloigner; le souvenir même évolue et se transforme. Le temps emporte tout sans retour et nous empêche de fixer, de figer les choses. Le philosophe a senti l’indifférence destructrice du temps, en effet le penseur disait, « on ne descend jamais deux fois dans le même fleuve ». Proust, affecté par l’irréversibilité tragique du temps contre laquelle l’homme se révolte, assistant à la fin de sa vie après des années de solitude, à une soirée mondaine, retrouve des gens connus autrefois. Ils sont si transformés qu’il a l’impression d’assister à  un bal masqué. Dans son ouvrage, « à la recherche du temps perdu », malgré tout notre désir, on ne peut conjurer l’irréversibilité du temps. Proust pensait que la magie du souvenir pouvait nous restituer avec toute leur nuance émotive certains instants privilégiés.

 

C’est la théorie de la mémoire affective. En réalité, nous ne retrouvons jamais tout à fait par la mémoire, le passé tel que nous l’avions vécu. Notre évocation est fonction de ce que nous sommes devenus et nos souvenirs évoluent. Autre témoignage du refus par le cœur humain du tragique de l’irréversibilité du temps, le mythe de l’éternel retour.

 
Le mythe de l’éternel retour
 
Les stoiciens  
 

Ils croyaient qu’au terme d’un long cycle de plusieurs milliers d’années, à la suite d’une conflagration universelle, tout le cours du temps recommencerait avec les mêmes péripéties – c’est le retour du même –
 
Nietzsche

 

Le philosophe pensait que l’histoire universelle avec les mille détails de chaque évènement se répéterait à l’infini. Il nous dit : « cette vie telle que tu la vis naturellement, telle que tu l’as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois et une quantité innombrable de fois et il n’y aura en elle rien de nouveau; il faut que chaque douleur chaque joie, chaque pensée, chaque soupir, tout l’infiniment grand et l’infiniment petit de  la vie reviennent pour toi et tout cela dans la même suite et le même ordre », citation tirée du gai savoir de Nietzsche. Il faut comprendre que « l’éternel sablier de l’existence sera retourné toujours à nouveau ».

 

Peut-être le mythe est-il suggéré par l’apparente réversibilité du temps de la nature que les poètes ont opposée bien souvent à l’irréversibilité du temps humain; tandis que je vieillis petit à petit, le printemps revient chaque année. Mais ce rajeunissement perpétuel n’est qu’apparence car les plantes aussi vieillissent ainsi que la terre. Le temps ne peut-être considéré comme un simple rythme, comme un parcours circulaire qui sans cesse repasserait par les mêmes endroits; le temps n’est pas comme le voulait Platon dans le Timée.

 
Conclusion

 

Le temps est irréversible mais je peux faire que ce que j’ai accompli n’ait pas été accompli; je peux en prenant conscience du temps passé lui donner un sens nouveau et en tirer des leçons sur l’avenir, il s’agit de ne pas refaire les mêmes erreurs. Le temps n’exprime pas seulement mon impuissance car il est la dimension du progrès; après le remords vient le fécond repentir et l’impuissance première peut de nouveau se transformer en liberté, une nouvelle liberté d’agir. Ce moyen dont dispose l’homme est le seul pour conjurer le temps qui passe inexorablement, néanmoins malgré ce pis aller, l’homme aura recours à une certaine croyance, celle du mythe de l’éternel retour mis en avant par les stoiciens et Nietzsche, cela traduit bien le désespoir de l’homme, son sentiment d’impuissance face au temps qui s’écoule au sens héraclitéen. La citation d’Héraclite à cet égard, « on ne descend jamais deux fois dans le même fleuve » met en évidence le tragique d’une situation irréversible.

 

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